Lectures 2020

Je ne vis que pour toi, Emmanuelle de Boysson

J’avais lu Que tout soit à la joie l’an passé de Emmanuelle de Boysson. J’étais donc très curieuse de lire cette année son roman de rentrée. La première surprise a été de retrouver assez vite la légende d’Ys dans les pages de ce livre, mais également toute une pléiade de personnalités célèbres. En effet, nous suivons Valentine, jeune bretonne mariée à Antoine, beaucoup plus vieux qu’elle. Il emmène sa femme vivre à Paris. Ce mondain a quelques entrées dans certains cercles. Il présente notamment Valentine à Colette lors d’une soirée, soirée dans laquelle la jeune femme va également faire la connaissance de Natalie Clifford-Barney. Celle-ci va beaucoup la troubler et va ensuite n’avoir de cesse de la poursuivre de ses assiduités, jusqu’à ce que Valentine succombe et tombe éperdument amoureuse. Natalie joue cependant au chat et à la souris avec Valentine, usant et abusant de ses charmes sur les femmes qu’elle rencontre, arrivant en général à ses fins, comme avec Elisabeth de Gramont, pourtant la confidente de Valentine. La jeune femme essaye par ailleurs d’écrire, s’attelle à raconter La légende d’Ys, puis son enfance en Bretagne, mais la jalousie et le désir la torturent continuellement. Jusqu’à quelle extrémité va-t-elle la conduire cette passion dévorante ? Il m’a fallu un peu de temps pour m’attacher à Valentine, au départ assez sèche dans ses réactions et au comportement à la fois naïf et glacé. Puis, la description d’une telle époque, si attachante, celle où on pouvait croiser dans une réception, à la fois Proust, Appolinaire, Anna de Noailles a su me trouver. Emmanuelle de Boysson montre dans ce livre la face cachée d’un Paris qui s’adonne sans complexes, ou presque, aux plaisirs saphiques. Pourtant, les femmes jouaient souvent là leur réputation ou leur avenir financier. Ce roman est très sensuel mais surtout captivant. La fascination magnétique de Natalie Clifford-Barney y est pour beaucoup, ainsi que les battements d’ailes d’une Valentine, blanche colombe que l’on devine très vite en sursis.

Editions Calmann Levy – septembre 2020

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Lili

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