Lectures 2019

Un putain de salopard, Loisel & Pont … la BD de la semaine !

J’ai hésité un moment à me laisser tenter par cette BD. C’est idiot mais le titre me rebutait un peu. Pour autant, la première de couverture, magnifique, et le nom de Loisel étaient bien là pour me faire changer d’avis… Dans cet album, nous partons tout d’abord à la rencontre de Max, Christelle et Charlotte. Ils viennent de débarquer à Kalimboantao au Brésil, pour des raisons différentes. Nous sommes en 1972. Suite au décès de sa mère, Max a décidé de venir chercher ici son père dont il possède des photographies. Les deux jeunes filles, infirmières, sont là pour leur travail. Corinne, une amie, permet aux trois jeunes gens de passer la première nuit chez elle. Personne ne se doute que le confort de cette première soirée ne va pas durer. Les malfrats du coin rodent autour du dispensaire des infirmières et Max va être interrompu dans sa quête par un arrêt forcé en pleine forêt amazonienne en compagnie de Baïa, une autochtone muette. Les personnages, tout frais débarqués, doivent donc faire face à une violence et une brutalité qu’ils n’imaginaient pas… Et j’ai bien aimé, dans ce premier tome d’une série qui promet d’être savoureuse, ce contraste entre la gravité du contexte et la naïveté des protagonistes. Le tout est très bien servi par la qualité des dessins. Pont a beaucoup de talent pour dessiner les expressions des visages. Il faut souligner aussi la superbe mise en couleur de François Lapierre. Loisel nous laisse en dernière page sur un cliffhanger, à la fois étonnant et beau, qui donne au lecteur l’envie de dévorer tout de suite le deuxième tome. Il est évident que tous les éléments sont posés, dans ce premier opus assez riche, et que l’on va nous raconter une histoire pleine de rebondissements.

           

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les liens sont chez Stephie aujourd’hui !

 Editions Rue de Sèvres – avril 2019

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Lu aussi dernièrement pour le Prix Cezam BD (avis bref)…

Encore un titre lu dans le cadre du Prix Cezam BD de 2019 qui s’avère excellent. Pourtant au départ le trait épais du dessin ne me plaisait pas vraiment. Rochette raconte dans cet album sa jeunesse, son désir incessant de grimper et son attrait pour le dessin. Mais la montagne est dangereuse et blesse de plus en plus son entourage, jusqu’à le heurter lui même à son tour violemment au visage. le lecteur effectue avec l’auteur toutes les grimpes, explore toutes les voies, craint pour les grimpeurs qui prennent des risques ou chutent. Un récit qui est un hymne à la montagne, à l’alpinisme, mais pas que. Une belle leçon aussi de volonté et de persévérance.

Casterman – novembre 2018

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Lectures 2019

Paris 2119, Zep & Bertail

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Zep, l’auteur de Titeuf, a depuis quelques temps changé drastiquement de registre, et ce pour notre plus grand plaisir… J’avais adoré découvrir son nouveau trait dans The End [clic ici]. Il revient en 2019 avec ce nouvel album, encore un fois d’anticipation, mais les dessins sont ici de Dominique Bertail. Pourquoi Paris, en 2119 ? Dans un entretien, joint à mon exemplaire, Zep déclare qu’il s’est demandé, un jour de pluie dans Paris, à quoi ressemblerait la ville dans cent ans, et il s’est dit qu’elle conserverait sans doute son aspect médiéval intemporel, mêlé à des éléments de modernité. Et effectivement, dans cette BD, Zep et Bertail imaginent un Paris de 2119 dans lequel seuls les marginaux prennent encore le métro ou se déplacent à pieds, et où la plupart des habitants préfèrent utiliser le Transcore pour voyager. Et je dois dire qu’autant j’avais aimé la densité de The End que ce nouvel opus m’a laissé un peu sur ma faim, malgré la beauté et la qualité indéniable des dessins. En effet, je me suis demandée en fin de lecture si il s’agissait d’un premier tome d’une histoire à suivre et la mention « Histoire complète » en quatrième de couverture m’a un peu étonnée. Tout ici ne m’a semblé en effet seulement qu’esquissé, les personnages, l’intrigue, la découverte que les cabines du Transcore sont défectueuses. Et ensuite ? On a envie de savoir comment les événements vont évoluer, si Tristan, notre héros, nostalgique du XXème siècle, va réussir à enrayer le phénomène, et surtout à sauver Kloé, sa compagne, belle et grande adepte des voyages en Transcore, mais déjà un peu atteinte par les effets secondaires du processus. J’en aurais donc aimé un peu plus long et un peu plus dense, mais j’ai hâte de continuer à lire Zep, qui a le mérite de mettre le doigt sur ce qui ne va pas dans le bon sens dans notre humanité d’après l’an 2000. Dans son album, la reconnaissance faciale est en marche, et permet d’accéder à tout (métro, bâtiments publics, téléphone…) et le cerveau est un nouveau terrain de jeu, facile à manipuler. Une BD à découvrir donc, mais une histoire qui aurait mérité, de mon point de vue, un plus grand approfondissement.

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Editions Rue de Sèvres – 23 janvier 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Mylène

Lu dans le cadre de la BD de la semaine chez Moka aujourd’hui ! [clic]

Coups de coeur·Lectures 2019

Speak, Emily Carroll d’après le roman de Laurie Halse Anderson

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❤ De cette histoire, j’ai tout d’abord connu la version film avec Kristen Stewart dans le rôle principal, puis le texte, publié chez « La Belle colère » sous le titre Vous parler de ça… J’ai donc été très intéressée quand j’ai su qu’une version BD allait sortir. Et je dois dire que la force du texte de Laurie Halse Anderson ne perd rien de son attrait dans cette nouvelle version, bien au contraire, je l’ai trouvée absolument magnifique. Emily Carroll a si bien su illustrer l’état d’esprit de cette jeune fille en proie au mutisme depuis une certaine soirée d’Août, son entrée difficile au Lycée, sa solitude, et ces cours d’art plastique qui sont à la fois une bouffée d’air frais pour elle et le moyen de peut-être enfin réussir à exprimer ce qui la ronge. En préface, Laurie Halse Anderson précise qu’elle a vu le roman graphique prendre de l’essor avec enthousiasme, et qu’elle a longtemps réfléchi à la façon de faire de Speak une bande dessinée, car l’expression et l’art prennent beaucoup d’importance dans l’évolution du personnage de Mélinda Sordino. Emily Caroll s’est imposée. Et c’est vrai que la forme du roman graphique est un excellent support pour cette histoire, certaines planches sont d’une grande force visuelle, accentuée par l’utilisation du noir et blanc. Il exprime le désarroi de la parole emmurée, des batailles intérieures pour la libérer et des éclaircies qui apparaissent quand elle se libère enfin. Laurie Halse Anderson a écrit Speak pour tenter d’endiguer la dépression qui la guettait suite à un viol dont elle a été victime à 13 ans. Je vous recommande chaudement cette très belle version qui peut sans problème être déposée dans des mains adolescentes.

   

Editions Rue de Sèvres – 9 janvier 2019
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Une autre lecture chez… Madame

Lu dans le cadre de la BD de la semaine chez Noukette aujourd’hui ! [clic]

Lectures 2017

Pome, Marie Desplechin & Magali Le huche

      

J’avais adoré re-découvrir Verte via la nouvelle version de Magali Le Huche, et j’ai été encore plus ravie de lire cette suite que je connaissais moins… Voici donc la seconde adaptation de la série des petits romans de Marie Desplechin toujours publiée par ailleurs à L’école des loisirs. Pome est la nouvelle petite voisine. Elle vient d’emménager avec sa mère, peu aimable. Verte et Pome ont donc tout pour s’entendre. En effet, elles partagent toutes deux la vie de mères acariâtres et se retrouvent à fréquenter la même école. Mais il s’avère qu’elles ont encore plus de points communs qu’elles ne le pensent, car Verte découvre un beau jour que Pome est également une petite sorcière. Les mercredis avec Anastabotte, la grand-mère de Verte, vont donc prendre une autre dimension. Verte est pleine d’enthousiasme de partager avec une amie ses connaissances, jusqu’à prendre parfois quelques risques et faire des erreurs… Il n’était pas prévu que son père, un homme, assiste à la manifestation de leurs dons. Anastabotte n’est pas très contente, surtout que Soufi est déjà au courant lui aussi, et que le cercle de ceux qui savent s’élargit ainsi un peu trop à son goût… Mais rien ne peut entamer la bonne humeur de Verte et de sa grand-mère et la joie revient très vite dans la petite bande, plus préoccupée au final par l’idylle naissante entre Papy Ray et la vieille dame. Que vous dire, mis à part que j’adore ce que fait Magali Le Huche, et que se perdre dans les détails des quelques grandes planches qui parsèment l’album est un plaisir toujours renouvelé ! De plus, quel bonheur de retrouver les délicieux personnages de Marie Desplechin. Une série qui ne peut que plaire aux jeunes lecteurs, il me semble, car exempte de mièvrerie, et suffisamment espiègle pour séduire. Vivement la suite !

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Editions Rue de Sèvres – octobre 2018

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Tous les autres liens de la BD de la semaine sont chez Noukette aujourd’hui…

Lectures 2018

Je vais rester, Trondheim & Chevillard

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Un couple arrive en vacances à Palavas… Les bagages sont encore dans la voiture, la location n’est pas prête. Alors, pourquoi ne pas aller prendre quelques instants l’air du large ? Fabienne et Roland ont à peine le temps de profiter de l’atmosphère, qu’un grand coup de vent se lève et qu’un auvent vient heurter la tête de Roland, qui décède sur le coup. Sur le choc, Fabienne décide de rester, et assiste consciencieusement à toutes les sorties prévues par Roland et qu’il avait méticuleusement notées dans son agenda. Que dire de cette histoire très touchante ? De la réaction inexplicable et en même temps extraordinaire de Fabienne ? De sa manière de rester dans son état de sidération et de reprendre ainsi sa vie en main ? Une façon, sans doute, d’intégrer le choc d’un décès si brutal et traumatisant. Une « mort à la con » comme le dit Paco, cet homme un peu fantasque qu’elle rencontre et qui se prend d’amitié pour elle. Mais j’ai surtout grandement apprécié le dessin de Hubert Chevillard, sa manière de croquer en vol diverses scènes de vacances. C’est un dessin très vivant qui permet de se tenir tout près de Fabienne, et de vivre ce quelle vit. On entend les sons, on ressent le vent, le soleil… Bref, un très bel album, aux très belles couleurs d’été, plein de vie, malgré le drame qui est survenu, présent en arrière plan, et qu’il ne faut pas hésiter à ouvrir !

Editions Rue de Sèvres – 2 mai 2018 – Je vais rester par Trondheim

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Lu dans le cadre d’une opération Masse critique de chez  Babelio

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Lectures 2018

The End, Zep

La couverture de cet album est je trouve extrêmement réussie… voilà pourquoi j’ai eu envie de découvrir cette BD de Zep au titre intrigant. Nous sommes en Suède, dans un futur très proche. Dans le cadre d’un stage, Théodore intègre une équipe de chercheurs qui travaille sur la communication des arbres, entre eux et avec nous. Le professeur Frawley, à la tête de cette équipe (et fan envahissant de la musique des Doors), tente de démontrer que les arbres contiennent toute l’histoire de la terre, via leur ADN, et notamment via un Codex mystérieux, difficile à appréhender pour les scientifiques. Comme si les arbres protégeaient leurs secrets. Mais les incidents s’enchaînent, et Théodore commence à s’inquiéter sérieusement… et plus précisément de l’apparition de champignons toxiques dans les forêts alentours. Il part tout d’abord sur la piste d’un laboratoire implanté dans la région, qui déverserait ses déchets dans la nature. Mais cela s’avère une fausse piste quand il constate le changement d’attitude des animaux sauvages, et qu’il se souvient de ce groupe de promeneurs décédés subitement en forêt espagnole il y a peu. Serait-on à l’aube d’un drame planétaire duquel les arbres seraient les instigateurs ? Quand Théodore parvient à cette conclusion, il est déjà trop tard et il se retrouve un des seuls survivants de la planète… Racontée comme cela, cette histoire manque de charme, et pourtant cet album là en est plein. Déjà, le dessin est formidable de qualité et m’a beaucoup plu, surtout les expressions des visages. Nous sommes dans un style de dessin assez proche du roman graphique. D’ailleurs, le choix a été fait d’une coloration des cases unicolore qui passe du beige, au vert, au bleu ou au rouge au fil de la narration… Et puis, j’ai beaucoup aimé la thématique de cette BD qui tourne autour de l’intelligence des arbres, de leur faculté à modifier leur environnement pour assurer leur survie. Une petite romance gentillette suit son fil au cours des pages qui entraîne le lecteur, et le fait sourire, jusqu’au drame final, et à l’espoir d’une résurrection. Nous sommes bien loin de Titeuf, et j’ai vraiment envie de continuer à lire Zep dans cette veine là. Bravo.

Editions Rue de Sèvres – 25 avril 2018

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En lecture commune avec Mo’ et Noukette !

Une autre lecture chez… Un amour de BD

Cet album a été lu dans le cadre de la BD de la semaine, tous les autres liens sont chez Moka aujourd’hui