Lectures 2020

Soeurs d’Ys ~ MT Anderson & Jo Rioux… ma BD de la semaine !!

La couverture de cet album est absolument magnifique, non ? Je ne pouvais pas passer non plus à côté de cette légende de la ville engloutie d’Ys. Lorsque j’étais enfant, l’image d’un cheval au galop, d’un père qui pousse dans les flots sa fille adorée, m’avait beaucoup troublée. Mais c’est surtout l’évocation ensuite d’une possibilité d’une ville recouverte par la mer, au large de la Bretagne, qui m’avait intéressée… Dans cette version BD de la légende d’Ys, nous revenons bien avant la naissance des soeurs, alors que leurs parents se choisissent et que leur mère promet à leur père de lui construire la ville royale de ses rêves. Elle tient sa promesse. La ville d’Ys est merveilleuse, mais aussi enchantée, protégée de l’extérieur par des monstres marins. Au décès prématuré de leur mère, le père des deux soeurs sombre dans la tristesse et les deux jeunes filles s’inquiètent du sort de la cité. Tandis que Rozenn, la plus âgée, l’héritière, s’enfuit tous les jours dans la nature, loin du château, Dahut, la plus jeune, festoie, reçoit, et ôte toutes les nuits la vie de ses prétendants. Ce fragile équilibre, qui n’en est pas un en réalité, fait de malédictions et de sorts, tiendra-t-il encore longtemps ? Tout est très beau dans cet album, les dessins, le camaïeu de verts, d’oranges et de bruns. J’ai peut-être manqué un peu d’explications sur certains passages, traités rapidement. Et je me rends compte que les bulles écrites à l’ordinateur me gênent de plus en plus. Mais il s’agit ici de se laisser emporter par une ambiance, une atmosphère féérique sombre, et cette BD de ce côté là fait admirablement le job. C’est un album que l’on a envie d’offrir, dont j’ai envie que mes enfants s’inspirent pour leurs dessins… Les deux jeunes filles sont très bien croquées, les émotions rendues, la mer aussi. Bref, tout cela est vraiment très très beau. Un album que je suis fière d’avoir dans ma bibliothèque, nous qui sommes si sensibles à tout ce qui concerne la Bretagne et les contes celtiques.

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Moka aujourd’hui !

Une autre lecture chez… Mylène

Rue de Sèvres – septembre 2020

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2020

Edmond, Léonard Chemineau… ma BD de la semaine !!

D’après la pièce d’Alexis Michalik

A la maison, nous aimons Cyrano de Bergerac. C’est une des rares pièces que ma grande fille accepte de voir au théâtre, si bien que nous en avons déjà vu plusieurs versions, dont une avec des playmobils, qui était très amusante… Cyrano de Bergerac est une pièce à succès. Mais comment est-elle née ? C’est ce que j’ignorais. Et c’est à cette question que cet album, qui est l’adaptation de la pièce d’Alexis Michalik, tente de répondre. Il répond également à la question suivante : pourquoi ne connaissons nous vraiment que cette production d’Edmond Rostand, et moins ses autres écrits ? A l’époque, en effet, Edmond Rostand est connu pour être un jeune auteur de pièces de théâtre barbantes, lyriques et ampoulées. Ses productions romantiques ont ses adeptes, mais elles attirent trop peu de public pour être des succès commerciaux. La Princesse Lointaine, jouée par Sarah Bernhardt, est un four. Ce sont des auteurs comme Courteline et Feydeau, adeptes de la prose, qui ont alors le vent en poupe. On le presse donc de rencontrer l’acteur Coquelin qui lui donne deux jours pour écrire une comédie. Un cafetier noir le met sur la piste. Edmond Rostand est tout feu tout flamme. Il picore grâce à son entourage des idées, et écrit des lettres d’amour pour son meilleur ami, qui vient de rencontrer une jeune actrice, remplies d’inspiration. Sa femme ne voit pas d’un très bon oeil cette nouvelle muse qui entre dans leur vie, mais Edmond bouillonne de nouveau et c’est plutôt bon signe. Coquelin aime les premières répliques. Les répétitions commencent dans un grand désordre, alors que la pièce n’est pas complètement écrite. J’avais repéré cet album, sorti en 2018, depuis des lustres… J’avais aussi beaucoup entendu parler de la pièce d’Alexis Michalik. J’ai pris un très grand plaisir de lecture à lire cette BD qui retranscrit très bien l’ambiance de la pièce Cyrano, puisque les événements suivent son scénario et reproduisent son énergie. Si vous aimez Cyrano de Bergerac, et si vous voulez en savoir plus, cet album est fait pour vous. De plus, il donne indubitablement envie d’aller au théâtre.

Une autre lecture chez… Vivre livre

Rue de Sevres – août 2018

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Lectures 2020

Vent mauvais, Cati Baur… ma BD de la semaine !!

Je suis une grande fan de l’adaptation par Cati Baur des romans Les quatre soeurs de Malika Ferdjoukh. Il est donc pour moi tout à fait évident de continuer de la suivre…  La couverture de cet album-ci est pour autant un peu plus angoissante et j’hésitais un peu pour tout dire à le lire, mais j’ai bien fait de céder à la tentation. En effet, dans cet album, le lecteur rencontre de biens attachants personnages. Il y a tout d’abord, Béranger, la quarantaine. Il a connu autrefois un grand succès avec l’écriture d’une comédie, qui repasse tous les ans à Noël à la télévision. Il est aujourd’hui divorcé, père de deux grandes filles, l’amant d’une femme indécise, et en pleine crise de milieu de vie. Sur un coup de tête, il décide de quitter Paris pour la campagne, et plus précisément pour une maison située à deux pas de gigantesques éoliennes, bien décidé à reprendre l’écriture d’un second scénario. L’idée est d’écrire une suite à son précédent succès… Il fait là-bas la rencontre de la déconcertante Marjolaine, conductrice du bibliobus, mais aussi d’habitants bien décidés à démanteler les éoliennes, alors que lui les trouve si inspirantes. Les deux filles de Béranger adhèrent différemment au projet, l’une est enthousiaste et se prend d’amitié pour la voisine, l’autre préfère des endroits plus à la mode pour s’amuser. Comment ce petit monde va-t-il finir par cohabiter ? Vous le saurez en ouvrant les pages de cette BD avec laquelle j’ai passé un bon moment, j’ai voyagé, et rencontré de véritables personnalités. Elle m’a donné, malgré le sifflement des éoliennes que l’on devine grâce au dessin toujours très vivant de Cati Baur, envie de retourner en vacances, où de m’installer dans des lieux plus authentiques, des endroits où tout le monde se connaît. Cela dit, il semblerait que la proximité des éoliennes rendent les gens un peu malades, ou un peu fous… je vais donc choisir un autre coin de France pour rêver, peut-être.

Une autre lecture chez… Mylène

Rue de Sevres – 10 juin 2020

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Lectures 2020

Miss Charity t1, Loïc Clément & Anne Montel… la BD de la semaine !

D’après le roman de Marie-Aude Murail

Je continue mes lectures BD d’adaptations de romans avec cet album, le premier tome d’une série, et encore une fois tiré d’un livre, cette fois-ci un de ceux de Marie-Aude Murail que je voulais lire depuis longtemps… Nous découvrons dans ces pages une petite fille, Charity, née dans la bonne société anglaise des années 1880. Elle devrait normalement être sage, invisible, rester tranquille. Mais Charity se révèle très vite vivement intéressée par l’extérieur, les animaux, la science et enfin le dessin. Sa bonne, Tabitha, est une étrange créature qui ouvre l’esprit de la petite fille aux contes, à la superstition et à l’imaginaire. Sa préceptrice, Blanche, sera celle qui lui fera découvrir l’aquarelle. Le moment où Charity reçoit de son père une palette à Noël est d’ailleurs un des plus beaux moments de cet album. Charity a également des cousins, élevés différemment de la petite fille. Dans cet opus, nous avons un peu le sentiment d’aller à la rencontrer de Sophie (des Malheurs de Sophie), car Charity va faire de nombreuses bêtises, tuer beaucoup d’animaux, avant de trouver un équilibre et créer une petite ménagerie heureuse dans sa chambre. Nous sommes loin de l’ambiance du film Miss Potter par exemple (vu il y a quelques années, avec Renée Zellweger, plus idyllique) et j’ai aimé ce réalisme, parfois un poil dégoûtant, en même temps que la beauté des planches proposées, très colorées et enfantines. De plus, rien ne sera épargné à la petite fille, de la tristesse du monde des adultes, et de la difficulté de se faire une place dans leur vie. Un bien prometteur premier tome !

Une autre lecture chez… Mes pages versicolores !

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Moka aujourd’hui !

Editions Rue de Sèvres – février 2020

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Lectures 2020

L’amant, Tan Takahama… la BD de la semaine !

D’après le roman éponyme de Marguerite Duras

De Marguerite Duras, j’ai lu plusieurs romans, mais pas l’Amant. J’ai plutôt lu l’Amant de la chine du Nord, écrit plusieurs années après, alors qu’elle avait appris la mort du Chinois, et pouvait enfin décrire plus librement leurs sentiments, et puis j’ai vu le film de Jean-Jacques Annaud. Et c’est ce qui m’a frappé en premier lieu, et malgré tout ce qui est dit en préface, de la volonté de Kan Takahama de justement s’éloigner de la perfection esthétique de ce film, cette similitude visuelle entre l’album et le film. Mais loin d’être un défaut, j’ai trouvé justement que cela permettait de plonger ainsi tout de suite en terrain connu, dans l’ambiance de cette histoire d’amour forte et particulière. De plus, les dessins de cette très belle adaptation sont véritablement réussis. Marguerite Duras est la jeune fille représentée sur la couverture. Lorsque le récit commence, elle a quinze ans et demi. La jeune fille est dans une pension d’Etat à Saigon. Elle vit en Indochine avec sa mère, veuve, et ses deux frères. Le frère aîné dépense tout l’argent de la famille et sa mère a fait une mauvaise affaire en arrivant dans ce pays, elle paye très cher des terres inondées une bonne partie de l’année. La rencontre entre les deux futurs amants a lieu sur le bac qui traverse le fleuve. Pensionnaire, Marguerite Duras rêve déjà de devenir écrivain. Elle fait la connaissance de ce riche chinois et y voit surtout une façon pour sa famille de s’en sortir, et de peut-être retourner en France. Mais cette relation faite d’argent devient une véritable histoire d’amour, à la fois honteuse et brûlante, impossible. Le riche Chinois doit épouser quelqu’un de son rang, la jeune fille salit sa réputation dans le quartier blanc. Et ce sont tous ces ingrédients réunis, les forces en présence, l’interdit, la jeunesse de Marguerite Duras, la sensualité, qui encore une fois, via cette version BD, ont provoqué chez la lectrice que je suis un grand intérêt. Les souvenirs de la lecture du roman sont remontées à la surface. Comme le dit si bien en préface Kan Takahama, toutes les adolescentes, friandes de littérature, ont grandi avec en mémoire l’image de cette jeune fille amoureuse dans une colonie française d’Indochine.

Un titre qui entre tout à fait dans le prochain thème de mon club de lecture puisqu’il sera question d’amour.

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Moka aujourd’hui !

Editions rue de Sèvres – 22 janvier 2020

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Lectures 2019

Un bruit étrange et beau, Zep… la BD de la semaine !

Après avoir lu le très beau The end et le moins enthousiasmant Paris 2119, il me tardait de découvrir cet album de Zep, plus ancien, dont on m’avait beaucoup parlé. Un passage en bibliothèque a décidé de l’occasion et du moment. J’ai adoré tout de suite le dessin, la grâce qui se dégageait des pages, le texte et le rythme des cases… J’emprunte beaucoup d’albums BD et en abandonne souvent la lecture au bout de quelques pages. C’est important je trouve, la fluidité en BD, et se sentir tout de suite en harmonie en tant que lecteur avec le texte et les dessins pour en apprécier la lecture. De ma pile empruntée dernièrement, seul celui-ci a donc trouvé grâce à mes yeux, voilà qui est plutôt bon signe. Le lecteur fait la connaissance, dans les premières pages, de Marcus, moine chartreux depuis 25 ans, contraint par le décès de sa tante de sortir de son cloître et de se rendre sur Paris. Dans le train, il fait la connaissance de Méry, une jeune femme surprenante et douce, atteinte d’une maladie incurable, et décidée à profiter du peu de temps qui lui reste à vivre. L’ancienne vie de Marcus, qui s’appelait alors William, refait alors surface, ses choix, les raisons de son départ. Retrouver ses cousins, devenus adultes, est aussi une troublante épreuve. Comme une provocation, sa tante, qui ne comprenait pas son engagement religieux, lui a légué un nu de Modigliani. Cet album parle élégamment de ce qu’est être un homme, de l’engagement et des renoncements, des tentations, mais également du bruit étrange et beau de la vie hors des murs des cloîtres, parfois symboliques, dans lesquels on se réfugie.

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Stephie aujourd’hui !

Une autre lecture chez…  Noukette

Rue de Sèvres BD – octobre 2016

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