Lectures 2022

Annie Ernaux… (rattrapage)

Je démarre sur ce blog une nouvelle rubrique, nommée « rattrapage », qui va me permettre de rapatrier d’anciens billets, en provenance de mon ancien blog. Je profite du Prix Nobel de littérature, accordé cette année à Annie Ernaux, pour inaugurer avec elle ce nouveau genre de billet… Il m’a paru en effet inconcevable que ces lectures ci-dessous ne soient pas sur ce blog…  

lesannées Lu en 2008

Voici peut-être le travail d’une vie, le résultat de notes amoncelées au fil des années, la réalisation d’un projet qui semblerait gargantuesque à n’importe qui, et un récit qu’Annie Ernaux nous livre ici pourtant sans faute de rythme, comme un cadeau, d’une douceur et d’une légèreté surprenante. Le « nous » devient « on », nous englobe, et le « je » est mis en retrait dans un « elle » derrière lequel on devine aisément l’auteure, dont on connaissait déjà des fragments de vie (cf La Place). Des années 50 à nos jours, Annie Ernaux parle d’elle, de son histoire personnelle, de ses parents, de ses enfants, de ses amants, et du monde, un monde vu par le petit bout de la lorgnette, mais un monde réel dans lequel nous avons vécu nous aussi. On se dit sans cesse, au fil de notre lecture « Ah oui c’est vrai », et on se surprend à sourire de nos paroles, à se souvenir des objets à présent délaissés du quotidien, à adhérer (ou pas) aux réflexions de la romancière sur les évènements de l’actualité. Un exercice de style magistral, un défi relevé avec talent et un moment de lecture dont j’aimerais goûter la saveur plus souvent !!! 

la place Billet de 2008

J’ai lu La place lorsque j’étais étudiante et ce livre là, dans ce contexte là, a retenti pour moi de multiples résonnances. J’ai aimé cette écriture qui me semblait nouvelle à l’époque, qui ne se voilait pas la face, et qui parlait des sentiments sans fausse pudeur, avec sincérité. Dans ce « roman », Annie Ernaux parle de la vie et de la mort de son père, de la simplicité de ses propres origines, de la honte, de l’incompréhension, de l’écart qu’ont pu creuser entre eux ses études universitaires et son entrée dans un monde un peu plus bourgeois. Un récit touchant. 

lautrefille Lu en 2011

Quand tout a été dit sans qu’il soit possible de tourner la page, écrire à l’autre devient la seule issue. Mais passer à l’acte est risqué. Ainsi, après avoir rédigé sa Lettre au père, Kafka avait préféré la ranger dans un tiroir. Ecrire une lettre, une seule, c’est s’offrir la point final, s’affranchir d’une vieille histoire. La collection « Les Affranchis » fait donc cette demande à ses auteurs : « Ecrivez la lettre que vous n’avez jamais écrite. » Annie Ernaux a choisi d’écrire à cette soeur dont on lui a toujours tu l’existence. Un dimanche de 1950, alors qu’elle joue dehors – elle a dix ans – elle surprend une conversation entre sa mère et une cliente. « Elle raconte qu’ils ont eu une autre fille que moi et qu’elle est morte de la diphtérie à six ans, avant la guerre, à Lillebonne. Elle décrit les peaux dans la gorge, l’étouffement. Elle dit : elle est morte comme une petite sainte[…] elle dit de moi elle ne sait rien, on n’a pas voulu l’attrister. A la fin, elle dit de toi elle était plus gentille que celle-là. Celle-là, c’est moi. » Plus jamais Annie Ernaux n’entendra ses parents parler de cette soeur inconnue, jamais elle n’osera poser de questions, ce secret restera entre eux, comme une ombre… Pourtant, ses parents, à présent décédés, reposent juste à côté de la petite tombe blanche de leur fille première née. Que dire ? J’ai ressenti beaucoup d’émotions à lire ce texte, pour de multiples raisons, dont bon nombre de personnelles. Je sais, depuis La Place et Les Années ce qui me lie à l’auteure Annie Ernaux. A tant de décennies de distance, j’ai eu étrangement la même éducation, mon lot de secrets de famille à porter (pas tous encore élucidés, mais le seront-ils jamais ?) et je pense avoir trouvé le même refuge qu’elle (avec moins de talent bien sûr) dans l’écriture et la lecture… Mais passons sur ces échos en moi, car ce texte est avant tout un exemple dense et flagrant de son talent. Je l’ai lu d’une traite hier au soir. 

memoiredefille Lu en 2016

« Cette fille là de 1958, qui est capable à cinquante ans de distance de surgir et de provoquer une débâcle intérieure, a donc une présence cachée, irréductible en moi. Si le réel c’est ce qui agit, produit des effets, selon la définition du dictionnaire, cette fille n’est pas moi mais elle est réelle en moi. Une sorte de présence réelle. » Il a fallu tout ce temps pour qu’Annie Ernaux puisse enfin ouvrir la page de la fille de 1958, celle qui a eu son premier amant, lors de la colonie de S. dans l’Orne où elle débarque cet été là en tant que monitrice. Cette fille là, qu’elle traite à la fois d’idiote et de naïve, sort d’une éducation religieuse assez stricte, de la surveillance constante de sa mère, cette fille là a envie de croquer la vie, de faire l’amour, la fête, d’être comme les autres, comme la fille blonde qui retiendra finalement l’attention de H. Elle ne mesure pas la violence des rapports entre les adultes de cette colonie, la raillerie, puisqu’elle ne connaît rien, imagine qu’il faut être comme ça, ne sait pas être autrement, tellement la vague du désir et de la découverte l’emporte, être enfin libre, libérée et amoureuse. Mais ce moment aura un impact sur ses deux années à venir, ses choix d’avenir, son obsession alimentaire, la métamorphose de son physique, le sang qui ne vient plus. Annie Ernaux oscille entre honte et compréhension et garde un regard distancié sur cette Annie D. qui était elle sans être elle, et qu’elle a tout fait depuis pour oublier sans jamais y parvenir. Je me suis demandée comment j’allais réussir à vous parler de ce livre… car il est un coup de coeur à la fois très intime et dérangeant. On entre en effet avec Annie Ernaux dans une mémoire non édulcorée, qui m’a personnellement semblée à la fois brutale et très réaliste. Annie Ernaux décortique ce qu’elle n’a jusque là pas réussi à décortiquer de sa vie, la découverte des relations physiques, l’acceptation d’un quasi viol par méconnaissance et naïveté, tout ce à quoi une éducation rigoriste ne l’a pas préparée et en même temps lui a donné envie de découvrir, l’envie irrésistible de la transgression, le sentiment de vivre enfin, d’exister parce qu’elle désire. Et il est intéressant de voir comment les lectures lui ont ouvert l’esprit alors, permis de faire des choix et de retrouver sa voie. Une lecture précise et juste, et qui agit presque malgré soi comme un miroir.

 

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Lectures 2022·Objectif PAL

Le coup de Grâce, Marguerite Yourcenar … mon objectif pal du mois !

J’avais choisi ce titre à 2 € pour compléter une commande, faite à l’aide je m’en souviens d’une carte cadeau. Je n’avais jamais lu Marguerite Yourcenar, c’était une lacune à réparer. Mais je ne suis pas certaine d’avoir tiré le bon numéro avec ce court roman, qui est d’une tristesse incommensurable, quoique paradoxalement ne quittant plus mon esprit depuis sa lecture… L’intrigue se déroule en 1919, dans les pays baltes, dans une région où sévit encore la guerre, la révolte et le désespoir. Nous rencontrons trois personnages, Eric (le narrateur), Conrad (son meilleur ami) et Sophie (la soeur de ce dernier). Au cours de cet état de guerre, ils vivotent tous (et quelques autres) dans la grande maison des jeunes gens, entre privations et danger. L’histoire nous est racontée du point de vue d’Eric, qui regarde cette période du fin fond de sa vieillesse, avec amertume, tendresse et regrets. Il s’avère que Sophie, une jeune fille déjà bien abimée par le contexte, était à l’époque amoureuse de lui. Des sentiments non partagés, qui ont fait de la vie de la jeune femme un enfer, ajoutant un danger supplémentaire au quotidien. Conrad ne se rend compte de rien. Les deux jeunes gens jouent un jeu d’attirance et de répulsion qui enveloppe malgré eux leur entourage d’une ambiance étrange. Eric, personnage assez antipathique, choisit la dureté et l’amitié, face à cette femme qu’il se défend (beaucoup trop) de ne pas aimer… J’ai relu la préface de Marguerite Yourcenar à la fin de ma lecture, et j’ai compris, bien sûr, qu’elle voulait, avec cette histoire, nous donner à lire les errements et contradictions fortes de l’âme humaine. Un livre qui laisse cependant une trace un peu sale en soi.

« Pourquoi les femmes s’éprennent-elles justement  des hommes qui ne leur sont pas destinés, ne leur laissant ainsi que le choix de se dénaturer ou de les haïr ? »

Editions Folio 2€ –  mai 2006

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 4 

Une lecture pour le challenge…

objectif pal

Lectures 2021·Objectif PAL

Le sel, Jean-Baptiste Del Amo… mon objectif pal du mois !

lesel

Ce type de couverture attire tout naturellement monsieur à qui j’ai chipé ce livre pour le mettre dans ma PAL, il y a un moment de cela… Mais il ne m’avait rien raconté de son contenu. Jean-Baptiste Del Amo cite Virginia Woolf en incipit et nous avons le sentiment, en effet, en début de roman, d’être chez Mrs Dalloway ou dans Les heures de Michael Cunningham. Nous sommes en réalité à Sète, et Louise, veuve de pêcheur, doit recevoir à dîner ses enfants et petits enfants. Tout au long de la journée, jusqu’au dîner, vont remonter chez les protagonistes, des souvenirs souvent douloureux, beaucoup de rancoeur, et de fragiles moments de joie. Au-dessus de tout cela, flottent des fantômes, celui d’Armand, le père violent et complexe, celui de Léa, petite fille morte accidentellement et prématurément, celui de Fabrice, l’amant de Jonas, atteint du Sida. Louise a eu trois enfants avec Armand. Fanny, l’aînée, est la mère de Léa, mais aussi celle de Martin. Son couple ne s’est pas remis du drame et de l’absence. Albin, son frère, a été pris très tôt dans les filets d’Armand, éduqué comme un digne héritier de ses idées et de son savoir faire de pêcheur. Quelles sont les implications aujourd’hui de cette transmission ? Jonas, le plus jeune, le protégé de Louise, est gay. Il a été rejeté par son père, a connu le décès tragique de son amant Fabrice et tente aujourd’hui de vivre une vie sereine avec Hicham, son compagnon. Personne n’a réellement envie d’aller dîner chez Louise. Et ce qui remonte au fur à mesure de la journée est de plus en plus nauséabond… J’ai aimé chez Jean-Baptiste Del Amo, l’écriture, et cette finesse d’analyse sur l’héritage psychanalytique générationnel. Comment fait-on pour échapper à ce qui semble être parfois un déterminisme, à ce qui est malgré soi inscrit dans notre histoire, et peut-être aussi dans nos gênes ? Louise a tenté d’opposer sa douceur à la violence d’Armand, mais avec discrétion. A-t-elle réussi à conjurer le sort ? Ou ses enfants doivent-ils lui en vouloir ? L’auteur présente ici une toile de relations complexes, que j’ai trouvé un peu exagérée en fin de livre. Une même famille peut-elle donc cumuler autant de mauvaises situations ? Malgré ce sentiment de fin de lecture, Jean-Baptiste Del Amo est un auteur dont j’ai bien envie de continuer à suivre les écrits.

« Rien n’était plus rattrapable désormais. Il lui apparaissait que leur histoire, celle de leur famille, partie d’eux depuis des générations oubliées, les recoins les plus obscurs d’une généalogie, pouvait se répéter sans cesse, sans que jamais ils parvinssent à y mettre un terme, à enrayer la machine, bloquer les rouages, dévier de route. Albin songea que l’histoire de leur famille, commune et si particulière, pouvait être en définitive, l’histoire de tous. »

Editions Folio – décembre 2011

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Liliba

Un roman lu dans le cadre de…

Lectures 2021

Prisonniers du paradis, Arto Paasilinna… en mars je lis des livres prêtés !

prisonniers du paradis

Traduit du finnois par Antoine Chalvin

En mars, j’ai décidé de lire des livres prêtés. Et oui, je suis faible, et quand quelqu’un me propose un livre, malgré ma PAL gargantuesque, je dis bien souvent oui. J’aime en effet toutes les occasions qui permettent au hasard de mettre de nouveaux livres sur mon chemin… J’avais déjà lu Arto Paasilinna, sans doute Le lièvre de Vatanen ( je ne sais plus), et j’en gardais un souvenir réjoui. Et c’est sans aucun doute l’humour de Arto Paasilinna qui sauve ce récit et le rend si savoureux. Un avion s’échoue sur une île déserte. A son bord, principalement des infirmières et des bûcherons. Le narrateur, un journaliste finnois nous raconte les faits. Les naufragés s’organisent, cherchent de la nourriture, récupèrent le matériel enfermé dans le cockpit. Les hommes et les femmes se rapprochent, et heureusement l’avion transportait une cargaison de stérilets. Cette petite société part du principe que les biens privés sont exclus, ce qui évite les conflits. L’humour de Arto Paasilinna rend toutes les péripéties de ce récit à la Robinson Crusoe amusantes, sous un faux air sérieux. Les finlandais trouvent le moyen de distiller de l’alcool, un planning familial est mis en place pour poser les stérilets aux nombreuses femmes du camp, on cherche à imprimer dans la jungle de grandes lettres SOS sur des kilomètres, dans l’espoir qu’un satellite visualise le signal de détresse. Les naufragés, au fil des mois, finissent par s’installer dans un confort relatif qui leur donnerait presque envie de rester là, dans ce paradis, pour toujours. J’avais été assez déçue par ma lecture Des jours sauvages, à la dernière rentrée littéraire, qui raconte peu ou prou un naufrage du même acabit. Lire le roman de Arto Paasilinna m’a réconcilié avec le genre et m’a remis en mémoire combien j’aimais cet humour nordique particulier et si rafraîchissant.

Editions Folio – août 1998

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Doucettement

Lectures 2020·Objectif PAL

D’autres vies que la mienne, Emmanuel Carrère… mon objectif pal de septembre !

J’ai déniché ce poche dans la boîte à livres de ma ville l’an dernier. Je l’ai pris, à ce moment là, plus ou moins persuadée de l’avoir déjà lu… Tant pis, me suis-je dit, je le relirai. Mais je savais qu’il n’était pas dans ma bibliothèque, et j’avais envie qu’il y soit. Et alors que tout le monde lit Yoga du même auteur, en cette rentrée littéraire 2020, j’ai décidé de mon côté de faire de ce plus vieil opus ma lecture de PAL du mois. Très vite, j’ai du me rendre à l’évidence que je n’avais jamais lu ce récit, non plus que l’auteur d’ailleurs. C’est donc ainsi qu’Emmanuel Carrère, écouté il y a peu à La Grande Librairie, écrit, me suis-je dit de nouveau. D’une manière très intime et assez didactique. Je m’explique. D’autres vies que la mienne raconte en effet l’impact sur l’écrivain de deux morts assez violentes, celle d’une petite Juliette, alors qu’il est en vacances en Indonésie en 2004, et que se déclenche l’horrible tsunami, et celle de la sœur de sa compagne, prénommée elle aussi Juliette, d’un cancer, un peu plus tard. Or, il se trouve que cette jeune femme, d’apparence fragile, était juge d’instance au tribunal de Vienne (en Isère) et s’est battue, avec son collègue Etienne, pour préserver les droits des surendettés face aux grandes sociétés de prêts à la consommation. Voici donc Emmanuel Carrère se mettant en tête de nous en expliquer tous les tenants et aboutissants, les détails de la lutte, ainsi que les détails des contrats. J’ai trouvé, personnellement, que ces passages didactiques étaient un peu longs, et que même si ils donnaient de la consistance au personnage malade de Juliette, expliquaient son passé, sa force, ils n’étaient pas essentiels et perdaient un peu le lecteur. Et tout en appréciant par ailleurs ma lecture, je me suis demandée pourquoi on affublait certains récits féminins du terme autofiction et de littérature les récits masculins utilisant le même procédé. Vous avez remarqué ? Cela dit, étant bonne cliente du procédé, j’ai aimé, au final, lire ce récit qui m’a semblé sincère, pudique et à la fois littéraire et touchant. J’ai même versé ma petite larme face à cette conclusion qui résume tellement ce livre. Juliette avait trois jeunes enfants.

« Et moi qui suis loin d’eux, moi qui pour le moment et en sachant combien c’est fragile suis heureux, j’aimerais panser ce qui peut être pansé, tellement peu, et c’est pour cela que ce livre est pour Diane et ses sœurs. »

Editions Folio – avril 2013

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Un roman lu dans le cadre de…

Lectures 2020

Une femme au téléphone, Carole Fives

Vous vous en souvenez peut-être, j’ai assisté il y a peu à une rencontre avec Carole Fives, pendant laquelle elle a lu de larges extraits de ce texte, avec une mise en scène simple et efficace. Une sonnerie de téléphone rythmait la lecture. J’avais adoré. J’ai donc mis la main sur le livre… Il s’agit d’un roman téléphonique (écrit comme un roman épistolaire, mais au téléphone). Nous n’aurons d’ailleurs, tout au long du roman, qu’une partie des conversations téléphoniques, celles de Charlène, la soixantaine, cette femme au téléphone qui la plupart du temps se sent seule, malade et qui harcèle sa fille. Les réponses ne nous sont pas données mais l’imagination est capable de les retranscrire sans problème. Et parfois d’ailleurs seul le répondeur enregistre. Le personnage m’a émue. A la fois touchante et toxique, Charlène alterne pourtant les caresses et les reproches, telle une véritable douche écossaise. C’est un roman sur la solitude et la culpabilité, sur les choix de vie, mais aussi sur une certaine misère humaine… Charlène cherche l’amour sur internet, fustige ses enfants, et traverse pour autant l’épreuve du cancer avec un certain courage. Carole Fives nous renvoie à ce qu’il y a d’imparfait en nous, à nos attentes, mais aussi à notre manière de traiter notre entourage. En ces jours un peu troublés, comment communiquons nous ? Comment téléphonons nous ? Quels sont nos rapports avec nos proches ? Carole Fives nous a déclaré en rencontre, qu’il y avait un peu d’elle, et un peu de sa mère aussi dans ce personnage. A quel point sommes nous donc des Charlène en puissance ? J’ai sans doute préféré la version abrégée et auditive de la rencontre avec Carole Fives mais c’est un livre qui interroge et émeut, et fait aussi beaucoup sourire.

« J’aimerais bien que tu m’appelles chaque jour, l’heure qui te conviendra, disons, quand je me réveille le matin, vers sept-huit heures, et le soir, quand je cafarde, vers cinq-six heures. La journée, je me dirais, tiens, ça va être l’heure de son coup de fil, et après avoir raccroché, je repenserais à ce qu’on s’est dit. Je ne te demande pas grand-chose, juste entendre le son de ta voix, même si tu ne me dis rien de bien passionnant. Pour toi, ce n’est rien, mais moi, ça m’aide ; je ressens vachement la solitude affective. »

Editions Folio – décembre 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Gambadou